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  • Martin Ophélie

Lettre à mes patients


Ce mardi 28 septembre 2021 marque un jour décisif dans la non-reconnaissance de la profession de psychologue clinicien, mais également, la non reconnaissance de la souffrance psychique, celle-là même que subissent aujourd'hui 12 millions de Français.


Beaucoup de mes consœurs et confrères parlent d'un assassinat de notre profession. Même si j'adhère à ce point de vue, je ne souhaite pas m'ancrer dans une posture victimaire.


Le véritable assassinat aujourd'hui, c'est celui de l'accès aux soins psychiques pour toutes et tous, sans conditions. Ce dernier, commis par une vision idéalisée de l'économie, cette dernière, déconnectée du réel de la souffrance.


Non. Je ne proposerai jamais ce parcours de soin inégalitaire qui vise à industrialiser le soin psychique et à le désindividualiser. Encore moins sous la tutelle d'un tiers, qui juge si oui ou non, vous avez besoin de consulter. Le respect de votre vie psychique est un droit inaliénable, il est garanti par le code de déontologie des psychologues.


Non. Je n'accepterai jamais de travailler sous contrainte, en m'obligeant à modifier mon cadre de travail de psychologue. Encore moins en m'astreignant à abandonner mon autonomie et ma responsabilité professionnelle, pour satisfaire aux conditions imposées par des individus qui raisonnent en termes économiques.


Non. Je n'accepterai jamais de brader mes compétences, mon savoir-faire et mon savoir-être. Ceux-là même durement acquis et développés tout au long de mes études et encore aujourd'hui, dans le cadre de ma formation continue.


Chère Patiente, Cher Patient.


Non, je ne céderai jamais à une approche clinique mortifère et déshumanisante ou défilerai à la chaîne les patients que je verrai 30 pauvres petites minutes avant de crier au suivant.


Non, je ne céderai jamais à un suivi conditionné par une prescription médicale ou la poursuite de votre soin est à la libre appréciation d'un tiers. Vous dépossédant en conséquence, de votre liberté de choisir.


Mais oui. Je continuerai le travail individuel, singulier et sur-mesure que nous avons entrepris vous et moi. Dans le respect strict et rigoureux de la déontologie des psychologues dont je suis signataire.


Oui. Je continuerai d'apprendre et poursuivrai ma formation chaque jour, un peu plus, pour vous proposer un accompagnement toujours plus qualitatif et toujours plus personnel.


Oui, je continuerai à pratiquer des tarifs solidaires pour celles et ceux qui n'ont pas les moyens et dont la souffrance n'a que faire de l'aspect financier.


Oui, je continuerai de respecter chaque individu dans sa dimension psychique, car c'est un droit inaliénable. Et, toujours, je serai fidèle aux principes qui ont bâti notre action. Je suis autonome dans mes choix et dans les moyens que je mets en place pour vous accompagner et n'accepterai jamais d'être consultable sous conditions.


Je suis psychologue.

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